Diversity matters

Aujourd’hui, pour la toute première fois ici, c’est avec appréhension que je rédige cet article. J’ai (trop) longtemps hésité à l’écrire, par peur. Peur des retours agressifs, peur de trop m’impliquer, moi qui reste très lisse ici mais aussi peur pour mon mini business qui ne peut pas vraiment se permettre de souffrir de polémiques… mais ça suffit d’avoir peur pour soi quand on admire ceux qui osent défendre leurs convictions ! Alors aujourd’hui, je prends enfin la parole sur ce sujet capital : diversity matters ! (La diversité est importante).

Depuis quelques semaines, dans la communauté tricot anglo-saxonne, une discussion très importante a lieu afin de mettre en lumière le manque de diversité et le racisme que subissent les personnes de couleur au sein de cette même communauté. En fin d’article, je vous noterai les comptes instagram que je vous engage à aller lire (les stories à la une ainsi que les derniers posts) pour comprendre de quoi il s’agit). En anglais uniquement.

C’est un sujet lourd et, en tant que personne blanche, privilégiée de par ma naissance, il ne m’est pas facile de trouver les mots justes pour l’aborder. J’espère que vous m’excuserez si tout n’est pas toujours bien articulé. Toutefois, je pense que la communauté française et plus largement francophone doit aussi s’impliquer et prendre acte que tout ceci doit cesser. Alors, je vais essayer d’ajouter ma petite pierre et de partager ma vision avec vous.

J’ai décidé de l’aborder sous un angle personnel et, une fois n’est pas coutume, de vous parler de ma famille et de partager quelques anecdotes avec vous pour mettre en lumière ces privilèges qu’en tant que blanc, nous recevons le jour de notre naissance.

Les origines

Anecdote 1 : Mon frère est mariée à une Camerounaise et ses filles, Jade (7 ans) et Gabrielle (5 ans), sont françaises et métis. De mon coté, Tim est anglais et Hugo est donc franco-britannique. Pourtant, à n’en pas douter, il n’aura jamais à justifier de ses origines. Ou de façon extrêmement rare, quand, en cours d’anglais, son professeur se demandera pourquoi il parle sans accent. Mais Jade et Gaby, elles, je suis sûre qu’elles devront régulièrement expliquer qu’elles sont à moitié camerounaise. La seule différence entre eux est la couleur de leur peau.

Quand on me demande d’où je viens, je sais que mon interlocuteur attend que je lui indique ma ville, Lyon. Une personne de couleur sait que cette question implique le pays de ses ancêtres.

Alors évidement, chacun est riche de ses origines et ce n’est pas nécessairement raciste de s’y intéresser. Cela dépend du contexte et de la façon dont la question est posée mais il reste qu’à moi, on ne me la pose jamais. De la même façon que Tim n’a à y répondre que quand il ouvre la bouche et que ses interlocuteurs réalisent qu’il n’est pas français.

N’oublions pas qu’avoir à répondre à la question des origines sous-entend aussi « tu n’es pas d’ici ».

L’apparence

Anecdote 2 : Mes nièces sont fascinées par nos cheveux à ma soeur et moi qu’elles passent des heures à coiffer. Mais pourquoi aiment-elles tant nos cheveux ? Tout simplement car elles peuvent les brosser et les coiffer d’une façon qui leur est impossible avec les leurs. Elles me répètent à chaque fois comme elles aimeraient avoir de beaux cheveux lisses comme les miens.
Et pourtant, le rituel du tressage avec leur maman est un moment de partage et d’échange hautement symbolique, bien plus que le coup de brosse que je me mets le matin.

Anecdote 3 : En grandissant, c’est en train de changer mais plus petites, mes nièces ne voulaient jouer qu’avec des poupées blanches. Les jolies poupées Corolle noires que je leur avais offertes étaient totalement négligées.

Anecdote 4 : Quand Mathias avait 3 ans, il m’a un jour demandé s’il allait devenir noir en grandissant car quand même, il préférerait rester blanc. Je lui explique alors que la couleur de notre peau ne change pas. Je le vois très soulagé et il me dit qu’être blanc, c’est plus joli qu’être noir. J’ai évidemment échangé sur le sujet avec lui pour lui expliquer que toutes les couleurs de peau sont aussi belles et que ce qui compte c’est ce qu’il y a à l’intérieur. En toute honnêteté, cette conversation m’avait beaucoup surprise et choquée : comment mon fils,élevé dans un environnement sans racisme, qui aime tant ses cousines, qui admire tant Jade, pouvait-il tenir des propos pareils ?!

Mais voilà, le monde dans lequel nos enfants évoluent en France est blanc : les publicités, les magazines, la télévision… Comment veut-on que des petites filles noires soient heureuses de leur chevelure quand les publicités pour shampoing et autres ne montrent que des femmes blanches aux cheveux lisses ?!

Quand j’ouvre un magazine, je vais trouver les mannequins plus minces, plus grandes et plus belles que moi mais malgré tout, je peux me projeter dans leur apparence et imaginer ce que tel ou tel vêtement rendra sur moi. Ce n’est pas le cas pour les personnes de couleur.

Quand je veux acheter du fond de teint ou des collants, je sais que n’importe quelle boutique aura ma carnation. Ce n’est pas le cas pour les personnes de couleur.

Mon fils veut rester blanc car il voit bien que, dans le monde qui l’entoure, la blancheur est beaucoup plus présente et valorisée que la couleur. Même à trois ans, il avait déjà compris ce privilège.

Le racisme ordinaire

Anecdote 5 : il y a plusieurs années de ça, ma mère et moi avions amené les enfants au square. Rapidement, nous avons remarqué que deux petites filles suivaient Jade partout où elle allait. C’était très clair qu’elles l’embêtaient. Jade est revenue vers nous et s’est blottie dans nos bras. Les fillettes la suivaient toujours et viennent se poster devant nous. Ma mère leur demande ce qu’elles veulent. Une des petites répond « On veut jouer avec elle, comme ça nous serons les princesses et elle la sorcière ». Peut-être qu’elles auraient dit ça à n’importe quelle fillette blanche, mais j’en doute.

Anecdote 6 : récemment, un membre de ma famille (un peu éloigné mais pas tant que ça) m’expliquait que les métis ne pouvaient pas être heureux car ils ne sont pas vraiment dans l’une ou l’autre communauté et que donc, il valait mieux éviter de se mélanger. Je lui ai bien entendu exprimé mon désaccord mais j’en aurais pleuré. Comment peut-on se dire une chose pareille plutôt que de réaliser que c’est en se mélangeant toujours plus que les métis et les personnes de couleur se sentiront acceptés partout !

Le racisme est pernicieux. Quand on y pense, on imagine immédiatement des fascistes extrémistes mais c’est beaucoup plus profond que ça et beaucoup plus présent. Tous ces stéréotypes qui perdurent d’année en année : les asiatiques sont bons en maths, les noirs en basket… (Je n’arrive pas à écrire plus d’exemples car c’est trop douloureux mais je suis sûre que vous en connaissez tout comme moi). On va toucher la coiffure affro car « c’est dingue comme la texture est différente », faire des remarques sur les « beaux yeux en amande » sans penser à mal. Mais si on s’interroge une seconde, la réciproque n’est jamais vrai pour les blancs. Il n’y a pas de situations similaires.

Je ne suis pas raciste et pourtant, je suis sûre qu’à un moment ou à un autre dans ma vie, j’ai dû faire des remarques déplacées à une personne de couleur sans même m’en rendre compte. Aujourd’hui, il faut être plus attentif et casser un à un tous ces stéréotypes.

Le manque de diversité dans le tricot et la couture, que faire ?

Les communautés tricot et couture française reflètent le monde dans lequel nous vivons : manque de diversité et racisme. Les designers, les mannequins, les magazines… tout est beaucoup trop blanc. Il faut que ça change.

Mais que faire à notre niveau ?

Je pense qu’il faut déjà prendre conscience de nos privilèges. Au fond de moi, je le savais bien mais je n’avais pas mis ce mot dessus : privilèges. Où que j’aille, je ne suis jamais discriminée par la couleur de ma peau.

Ensuite, il faut réaliser que ce manque de représentation pousse les personnes de couleur à ne pas se sentir bienvenues dans nos communautés créatives. De ce fait, cela implique un effort supplémentaire pour elles de venir à un tricothé ou de participer à un atelier car elles ne savent jamais si elles seront bien accueillies. C’est à nous d’y faire attention et de nous assurer que les personnes de couleur se sentent en sécurité et libres d’être elles-mêmes et de s’exprimer sans craintes dans ces situations.

Plus généralement, quel que soit le contexte, il est indispensable de ne pas laisser passer les remarques de racisme ordinaire. Les blagues vieilles comme le monde, les remarques sur les cheveux, les yeux, les coutumes… c’est un mal insidieux qu’il faut s’efforcer de combattre. On ne peut pas attendre des personnes attaquées qu’elles se défendent seules. C’est à nous, blancs, de prendre la parole pour que cela cesse. Aujourd’hui, ne pas être raciste ne suffit plus, il faut être anti-racisme et le montrer par nos actes.
Tâchons également d’élever nos enfants dans un esprit d’ouverture et d’égalité.

Parfois, je rêve et je me dis que peut-être, un jour, ma société aura grandi et que j’aurais besoin de mannequin pour présenter mes collections. Ce jour-là, toutes les beautés seront représentées. 🙂

La diversité chez moi

Je tiens à finir en vous rassurant. J’ai partagé plusieurs anecdotes difficiles sur mes nièces mais, elles sont bien entourées et elles se savent aussi intelligentes et jolies que n’importe quelle autre petite fille. 🙂

Je voudrais finir cet article en partageant une dernière anecdote qui date de mes 7 ans. J’avais un copain garçon à l’école et je ne savais pas si j’avais le droit de l’inviter jouer à la maison. Dans le monde sexiste et patriarcal dans lequel nous vivons toujours, en CP, c’était déjà les filles d’un côté et les garçons de l’autre. Bref, je demande à mon père la permission.

Sa réponse : chez nous, tout le monde est le bienvenu, seuls les racistes ne le sont pas.

Je m’en souviens encore car, même très jeune, j’avais compris que c’était une phrase importante.

Aujourd’hui, je perpétue cette règle transmise par mon père en l’élargissant un peu :
Ici, vous êtes tous les bienvenues indépendamment de votre couleur de peau, de votre religion, de votre sexe, de votre taille, de votre orientation sexuelle ou de vos handicaps. Seuls les personnes racistes, xénophobes, intolérantes, grossophobes ou homophobes peuvent passer leur chemin. 

Je vous embrasse,

Lise

PS : une fois n’est pas coutume, les commentaires sous cet article seront modérés. Je ne peux pas imaginer d’avoir à le faire mais, bien évidemment, les commentaires haineux seront supprimés.


Les comptes Instagram anglophones à suivre pour en savoir plus : @labienaimée@thecolormustard@su.krita@astitchtowear


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131 replies on “Diversity matters

  • E. Luette

    Merci pour cet article. Même si les opinions des uns et des autres sur ce sujet ne sont pas au départ la raison pour laquelle on suit tel ou tel blog, tel ou tel compte, ça fait toujours bien plaisir de se découvrir une affinité de pensée avec quelqu’un dont on apprécie par ailleurs le travail.
    Ton article (je me permets le tutoiement!) m’a beaucoup fait penser à 3 références, que je pose là, ça peut toujours servir! ☺
    – Mille petits riens, roman de Jodi Picout, qui raconte le racisme « ordinaire », celui dont on se défend et dont on ne se rend même pas compte, alors qu’on a tellement intériorisé nos privilèges qu’ils nous paraissent être la norme (l’histoire peut parfois être un peu manichéenne mais le propos de fond est très fort, moi je ne m’en suis pas encore remise et j’y pense chaque jour, à ces mille petits riens…)
    – I’m not your negro, le documentaire sur James Baldwin, et notamment cette remarque sur sa « différence », qu’il n’a remarqué que quand on lui a balancé en pleine figure…
    – Cette vidéo : https://youtu.be/4K5fbQ1-zps, juste parce qu’elle remet tellement de choses en perspective… (même si les deux premières questions me gênent parce qu’un peu trop normatives sur les modèles familiaux mais ça n’enlève rien au propos…)
    Voilà, pour une fois que je sors de mon anonymat de lectrice sous-marine c’est pour écrire un roman, mais c’était vraiment un chouette article et j’avais envie de réagir…

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  • nneleam

    Merci ! J’ai suivi les échanges en anglais sur instagram, et je trouve que tu exprimes bien le malaise que nous avons à reconnaître nos privilèges de blancs et à en parler.
    Bonne continuation a toi, je trouve que cette prise de parole donne au contraire plus de valeur à tes activités, peut-être jugées « trop lisses » le reste du temps 🙂

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  • Odette et des paillettes

    Bravo d’avoir écrit cet article. Je comprends la peur que tu as eu et ça rend l’article d’autant plus intéressant. Il est engagé mais tellement banal dans le fond, seuls les racistes, xenophobes, intolérants y liront du mal, les autres verront qu’il appelle le bien 🙂

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  • Liz_2417

    Bravo Lise, ce n’est en effet pas facile de réaliser et d’admettre à quel point nous sommes privilégiés et avons intériorisé le racisme au point de ne plus le remarquer… Petite anecdote: jamais on n’a contrôlé mes papiers dans la rue quand j’étais seule, la seule fois où c’est arrivé j’étais avec mon compagnon. Mon passeport a à peine été regardé, la carte de séjour de mon cher et tendre a elle été examinée sous toutes les coutures… Je ne m’inquiète jamais d’avoir ou pas mes papiers sur moi, alors qu’il ne sort jamais, même pour traverser la rue, sans eux… C’est quelque chose dont je ne me serais jamais rendue compte si je ne partageais pas mon quotidien avec un homme noir. Et je sais que nos enfants porteront sur leur peau la marque de leur différence…

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    • lisetailor

      Merci pour ton message ! J’ai failli en parler justement du contrôle des papiers et je n’ai pas trouvé le bon angle. Comme toi, je ne me soucie jamais de les avoir mais je sais très bien que de nombreux amis de couleur savent qu’ils peuvent avoir de gros soucis s’ils ne les ont pas en permanence. Quelle injustice !

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    • lisetailor

      Par rapport à vos enfants, parfois j’en ai les larmes aux yeux de voir autant d’injustice pour mes nièces mais je sais qu’elles en feront une force. Avec l’aide, le soutien et l’amour inconditionnel de leurs parents.

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  • Aurélie zip et clic

    Merci Lise pour cet article j’ai tellement peur parfois de l’avenir pour nos enfants plus particulièrement pour mon fils, venu du bout du monde, pour mes neveux comme les tiens métissés… Une anecdote mon fils devait avoir 5 ans, commençait à nous dire « moi voudrais être comme vous, je voudrais être beige » on était à la plage, je lui ai dit regarde tous ces gens allonger sur le sable, et bien eux ils voudraient être tous bronzés comme toi … depuis il adore dire l’été regarde maman tous les gens ils veulent être comme moi … bref c’est pas facile mais on essaie de lui donner le meilleur, et surtout de lui faire prendre conscience qu’il est beau peu importe la couleur.

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    • lisetailor

      Quel joli message donné à ton fils, il s’en souviendra toujours. Nous disons pareil à mes nièces quand elles nous disent que la peau blanche est plus jolie. On leur explique qu’on est blafard en hiver et qu’on veut doré en été. Alors qu’elles le sont toute l’année. C’est terrible que la société ne réalise pas à quel point elle exclue ses enfants en ne les représentant pas. J’avais lu une fois qu’en un ou deux ans, il n’y avait eu qu’une seule personne de couleur en première page de Elle, Beyonce.

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  • Laure

    Oh Lise comme je suis heureuse que tu sois sortie de ta zone de confort pour nous livrer ce message.
    Merci de ton retour d’expérience.
    Merci, vraiment.
    Je prie que cela contribue à faire bouger les choses !

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  • Cefgp

    Bravo pour tes mots et ton courage.
    C’est quand même dingue d’avoir le sentiment de prendre des risques en ne disant que des évidences…
    Enfin, même si la route est encore longue, il faut tout faire pour avancer, et c’est bien pour ça que chaque pas compte.

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  • Madebykhanh

    Merci pour cet article très touchant!
    Étant d’origine vietnamienne par mes parents mais nées en Belgique, il me touche d’autant plus.
    Je me rappelle très bien qu’etant petite, je me voyais « blanche » et je ne comprenais pas les remarques des autres enfants.
    Puis j’ai grandi et compris et je me suis construite face à ça, reniant un peu ce côté asiatique (jamais d’habits à connotation asiatique, n’avoir que des amis blancs,…).
    J’ai aussi remarqué les différents stéréotypes selon l’origine (les asiatiques sont beaucoup mieux appréciés que les personnes d’origine africaine parce que plus travailleurs, fiables,…) , avec des gens pensant me faire plaisir en me le disant « ha mais toi ça va, tu es asiatique »…
    Actuellement, j’essaye d’être beaucoup plus tolérante,mais je n’assume pas encore à 100% mes origines.
    Et ce fameux « tu sais, je ne suis pas raciste mais…….. »

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    • lisetailor

      Merci pour ton témoignage très émouvant et qui me touche beaucoup. C’est terrible que la société soit ainsi construite qu’elle pousse à renier ses origines. Espérons que cela change vite. Quant à la dernière phrase, que dire tant elle est connue et prononcée. Je ne la laisserais plus jamais passer maintenant. Je sais que je l’ai fait dans le passé, par peur, surtout dans le cadre familial. Je ne le ferais plus.

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  • Lauriane

    C’est vraiment très bien écrit, Lise! Mon mari est métisse guadeloupéen et a eu la « chance » de ne jamais avoir à faire face au racisme. J’aimerais tellement qu il en aille de même pour tous…Mais il m arrive parfois d avoir peur de ce que je lis et ce que je vois…Comment, à notre époque et avec notre passé d Homme, peut il y avoir encore des pensées, des paroles comme celles-ci envers d autres personnes ?? N apprenons nous rien de notre Histoire?!…

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    • lisetailor

      Merci Laurianne, l’histoire se répète souvent hélas avant que l’homme ne comprenne. Je trouve qu’à l’heure actuelle, le racisme et la discrimination au sens large gagne du terrain. Ne baissons pas la garde et continuons à les combattre à la hauteur de nos moyens. Bises

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  • Roxanne

    Bonjour Lise,
    Merci pour ce bel article.
    Je n’ai pas grand chose à ajouter, je trouve que les mots que tu as posé sont très justes, ils me touchent beaucoup. Je ne suis pas très confrontée au racisme, ton article me rappelle que pourtant, ça existe, et sous des formes trop souvent négligées… merci encore et très belle journée!

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  • Emilie

    « C’est pas très marrant
    Qu’on l’écrive blanc sur noir
    Ou bien noir sur blanc
    On voit surtout du rouge, du rouge
    Sang, sang, sans trêve ni repos
    Qu’on soit, ma foi
    Noir ou blanc de peau
    Armstrong, un jour, tôt ou tard
    On n’est que des os
    Est-ce que les tiens seront noirs? » Nougaro

    Merci pour cet article Lise !

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  • Virginie Legros

    Bravo pour ton article , dommage qu’en 2019, on y ait encore besoin de combattre .
    Mon frère vit avec sa compagne depuis 2011, elle est métissée elle même : du sang dit blanc par son papa et du sang noir par sa maman (elle même mélange d’Afrique noire et des Antilles ) . Mes neveux sont beaux comme le jour , comme la nuit , comme tout ❤️
    J’ai moi même eu une longue histoire avec un turc . C’est pour moi que ce fut compliqué : les blancs sont des Bourges (mon papa était chauffeur livreur et maman assistante maternelle, retraités aujourd’hui mais pas Bourges ! Haha!) , puis chez toi, on mange du porc . Quoi? Y a des noirs chez toi (oui, mes frères étaient footballeurs et il n’était pas rare qu’avant ou après les matches , des «noirs » viennent à la maison (on habitait sur Elbeuf en Seine maritime , ville en toute diversité) et même qu’on mange du bourguignon ou des pastels , ou du couscous aussi. On apporte tous un truc et c’était vive la vie . J’ai été malheureuse avec ce mec qui n’était pas prêt pour la mixité

    Bref… mon commentaire ne mène à rien , mais combat de tous les jours ici. Je suis fière que mes enfants ne s’étonnent pas du voile porté par une musulmane, ils aiment leur tata marron (Andréa 4 ans dit cela) et fière que mes filles se lancent dans les bras de notre ami sénégalais quand elles le voient , et que mon grand de 13 ans ait des conversations des plus banales avec lui.
    La vie quoi !
    Merci Lise et longue vie à la diversité

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  • Marie

    Merci Lise pour cet article très touchant et qui me parle profondément. Et pourtant je suis blanche , blanche mais « typée  » pour reprendre cet adjectif qui m’a suivi toute mon enfance .Je suis née dans les années 60 dans un petit village ardéchois d’une mère française et d’un père d’origine italienne ( du Sud.) .Cheveux très bouclés et teint mat …à l’époque et à la campagne ce n’était pas concevable et j’ai passé mon enfance et une grande parie de ma vie à répondre à des questions sur mes origines et à subir le regard des autres comme une insulte . Je suis tellement révoltée par le racisme et je ne peux que comprendre et imaginer ce que vivent ceux et celles qui ont la peau plus foncée que la mienne et c’est un crève coeur depuis toujours. Mon fils vient de se marier avec une latino américaine pour notre plus grand bonheur et je souffre déjà en pensant à ce que subiront leurs futurs enfants dans ce monde où comme tu le décris si bien, la blancheur est la norme . Merci infiniment d’avoir eu le courage de publier cet article .

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  • severine

    Les carcans sont malheureusement tenaces . La différence c’est ce qui nous rend plus riche (intellectuellement parlant ) . La bonté et la beauté d’âme, voilà ce qui importe.
    Merci pour ton article fort

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  • Marion

    Merci pour ce belle article.
    Ce qui me rend triste c’est queffectivement notre société n’évolue pas assez vite : ma cousine était heureuse quand pocahontas était sorti car enfin elle avait une princesse à laquelle s’identifier et malheureusement aujourd’hui avec tes nièces les choses n’ont pas changées.
    Il est important d’en parler pour changer les mentalités !

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  • cachou33

    J’ai aimé ton coup de gueule!! tu es une belle personne et les enfants de ta famille de tous horizons en sont la preuve ! tes nièces sont splendides!
    bravo pour ces jolies photos prises dans un endroit que je connais bien…..ma meilleure amie y habite!!
    tout cela respire la vie…la vraie!!!! ne change rien…..bisous

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  • Gwen

    Bonjour Lise ! Je te remercie pour ton article, c’est courageux de ta part d’oser parler de ce sujet et ça m’a beaucoup fait réfléchir.
    Ça paraît dur à croire étant donné mes origines (blanche avec des origines belges et allemandes) et pourtant je vis au quotidien des situations qui certes ne sont pas du racisme mais ressemblent fortement à une forme d’exclusion.
    J’ai beaucoup voyagé, j’ai même vécu à l’étranger – au Royaume Uni – mais je ne me suis jamais sentie aussi étrangère que depuis que je travaille sur Paris. Cela fait 5 ans, et cela fait 5 ans que j’entends les mêmes âneries sur ma région d’origine, à savoir le Nord : j’ai droit à ma rubrique affaires de mœurs douteuses chaque semaine, on m’a déjà parlé ouvertement des problèmes de consanguinité « fréquents de là où je viens » (et je vous assure que c’est texto comme ça qu’on m’en parle, je serais curieuse d’avoir des faits et des chiffres pour creuser ce point…) et à chaque fois qu’il y a un fait divers un peu glauque la première remarque de mes collègues c’est que c’est probablement quelqu’un du Nord … true story !
    Et le pire c’est que cette forme d’exclusion est pernicieuse : ça commence par des petites blagues et petit à petit on en vient à des remarques de plus en plus graves et on ne s’en rend compte que bien trop tard.
    Pendant 5 ans j’ai essayé de gommer mes différences, ma seule petite particularité linguistique qui pourrait permettre de déceler mon origine régionale étant le fait de prononcer le « t » au bout du mot « vingt », et en fait en te lisant aujourd’hui je me dis que je vais recommencer parce que zut quand même au 21e siècle c’est incroyable d’être intolérant à ce point ! Pas étonnant que le racisme existe toujours si on ne peut même pas tolérer les gens qui viennent d’une autre région…

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    • lisetailor

      Merci Gwenn pour ton message. Ton témoignage est très dur, je n’aurais pas pensé que c’était le cas. Je ne pense pas que cela serve de regarder les chiffres sur la consanguinité dans le nord… c’est juste sur que c’est n’importe quoi !! Je n’arrive pas à croire qu’on ait pu dire de telles absurdités. La bétise humaine est infinie. Tu as raison, c’est incroyable à quel point l’intolérance s’exprime partout. Espérons que cela change, et vite !

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  • Téï

    J’aime tellement ce message! Merci Lise de nous laisser entrevoir un peu plus de toi j’ai le bien quand c’est personnalisé. Je suis entièrement d’accord avec tes propos. J’ai souvent peur de blesser par mes propos. Ton exemple des yeux en amande, je pourrais le dire, d’ailleurs je l’ai déjà dit à ma belle- fille franco française mais qui a ces yeux. Comme tu dis il y a des manières, des moments aussi, un contexte. Il y a quelques années j’ai eu conscience de ce que pouvaient ressentir les personnes victimes de racisme. J’ai un nom de famille italien , rien que par cela on pense que mon père est maçon, qu’il est immigré que je parle italien. …Alors que c’est plus ancien et que rien n’a été transmis à part le nom. Et à chaque fois je me dis « mais comme ça doit être dur quand on est noir ou arabe » cette espèce de non légitimité qu’on ressent à travers ces propos, cette sensation d’être étranger dans son propre pays…. Pour la représentativité de tous il y a des pays où c’est beaucoup mieux qu’en France. Les marques Ikea et Gudrun Sjoden font pas mal je trouve. J’ajouterais aussi le racisme anti vieux à ta liste alors même que le nombre de personnes âgées augmente. Merci pour ce message Lise.

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    • lisetailor

      Merci Christine pour ton message très éclairant. Tout est une question de contexte, de bienveillance et juste de la relation que l’on entretient avec son interlocuteur. Tu as raison pour les autres pays, nous sommes en retard en France je pense (mais nous ne sommes pas les seuls). Tu as tout à fait raison pour la discrimination envers les personnes âgées, c’est une triste réalité.

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  • IsaFutile

    Quelle est belle ta famille. Je valide tout ce que tu dis. On imagine pas en étant blanche ce que des métisse peuvent entendre. Ça fout les boules.
    Par contre même si cela est bcp moins répandu, je vis dans le 93, dans une ville aux centaines de nationalités, et je peux t’assurer qu’à plusieurs reprises, en croisant des hommes et des femmes dans la rue, on m’a traité de « sale blanche ». Le racisme vis à vis des blancs existe malheureusement aussi.
    En tout cas je te félicite d’avoir aussi bien abordé le sujet. Tu es une belle personne dans tous les sens du terme.

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  • Clohuar

    Bonjour Lise, malheureusement tes anecdotes ne me surprennent pas… je suis moi même noire de peau puisque je suis origine de Guadeloupe et j’ai 2 (bientôt 3) enfants métis… Bien qu’etant 100% française, j’ai toute ma vie dû repondre à la question « tu viens d’où? ». J’ai dû expliquer à mon mari au debut de notre relation que c’était bien moi que le vigile des grands magasins suivait à la trace quand on faisait du shopping.. Assumant complètement mes cheveux au naturel, j’ai maintenant chaque fois droit à des remarques du genre « oh mais qu’est ce qu’il te prend aujourd’hui, tu as laché tes cheveux!! C’est foufou! »… bref, ca fait partie de ma vie.. en plus, née en region parisienne et n’ayant pas d’accent, les gens avec qui je parle au téléphone dans le cadre de mon métier (je suis cadre ds la fonction publique) ont souvent du mal à cacher leur surprise quand ils se rendent compte que la personne qui occupent ce poste à responsabilité est noire!!! Oui c’est triste… et il ne faut pas banaliser ces faits .. merci d’en parler en tout cas… tu as une jolie famille..

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    • LAURENCE

      Merci pour votre message, j’ai l’impression qu’il raconte ma vie… je suis française d’origine antillaise, née en France et mariée à un français né en Picardie… Nous avons deux grands enfants (adultes !) métis et je me reconnais tellement dans votre discours… Je suis orthophoniste en exercice mixte et doit prouver plus que les autres que c’est vraiment mon métier. A l’hôpital, la famille des patients ne me prend jamais pour ce que je suis réellement, les petites phrases dites « anodines » ou « mais c’est du l’humour voyons tu ne comprends pas » j’en ai par dessus la tête… Quand à ceux qui envient mes cheveux et veulent toujours les toucher c’est insupportable. Bref il faut que ça bouge, mais ce n’est pas gagné.
      Merci pour vos mots, je n’aurai su dire mieux.
      Carole L.

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      • lisetailor

        Merci beaucoup Laurence pour votre témoignage, ça doit être vraiment insupportable. C’est très dur pour moi de même l’imaginer car ce sont des expériences que je n’ai jamais vécues. Je suis touchée que mon texte vous ait plu. J’espère que les choses vont changer et si possible rapidement !

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  • Leticia

    Bravo Lise tes mots sont justes et j’espère sincèrement qu’ils résonneront en chacune des personnes qui les auront lus. Je n’ai pas d’autre mot à ajouter le sujet et délicat et je pense que tu résumes parfaitement la situation. Merci d’avoir pris le temps de partager cela avec nous.

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  • Juliah

    Bel article Lise.
    J’ai la même anecdote avec ma fille, sur la couleur de peau. C’est renforcé malheureusement par le fait que dans ma petite ville proche de Lyon, il y a très peu de mixité.
    J’espère parvenir à lui transmettre une vraie et sincère ouverture à l’autre, dans le respect de sa différence, quelle qu’elle soit.

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  • Bygabs

    Ton article est très clair et ces exemples sur le quotidien si réel que j’en ai ris…
    Parce que je les ai quasi tous vécu, parce que ma fille métisse aussi, parce que quand on ne nous apprécie pas dans un groupe « blanc » … On a, du fait de ce passif, tendance immédiatement à se demander si c’est : 1° parce qu’on est noir ou bien (après réflexion) 2°ai-je une attitude ou une personnalité qui n’intéresse pas?

    . .. Sujet complexe. L’important est effectivement de casser les barrières ou frontières invisibles MAIS sans excès. Je pense que je serai mal à l’aise de rentrer dans un bar, ou m’asseoir à un tricothé ou suivre un compte ou accepter un nouvel abonné qui préciserai… ((J’exagère)) :  » noirs acceptés » (je ne sais pas si tu vois cque j’essaie de dire). Une fois les infos passées comme l’a fait ton père dans ton enfance et comme toi aujourd’hui , nul besoin de marcher avec une pancarte (je suis ouvert et tolérant) . Ça peut être gênant en vrai

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    • lisetailor

      Merci beaucoup pour ton message. Personnellement, quand je ne me sens pas appréciée dans un groupe, je sais que c’est lié à mon attitude, ma personnalité mais je ne penserais jamais que c’est lié à la couleur de ma peau. Cela fait une grosse différence.
      Je suis d’accord avec toi qu’il ne faut pas exagérer non plus. J’ai vu des personnes mentionner sur Instagram « diversity friend » ou des choses dans ce style et je trouve aussi que cela va trop loin. ça devrait aller de soi, inutile de le crier sur les toits. Je me suis sûrement exprimée de façon maladroite par moment. Je trouverais aussi cela gênant (pour la personne concernée en premier notamment) qu’une femme noire soit accueillie différemment à un tricothé pour être bien sûr qu’elle est à l’aise. Je crois que ce qui compte c’est de s’assurer que tous les participants soient bien accueillis et ne se sentent pas exclus. C’est un sentiment qui peut être ressenti par n’importe qui pour diverses raisons.

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  • aneso_milady

    Je partage entièrement ton point de vue. C’est ce que j’essaie d’inculquer au quotidien à mes enfants et à mes élèves aussi.
    Petite anecdote mon aînée quand elle avait 4 ans reviens de l’école et me demande : « pourquoi je n’ai pas la peau chocolat ? ». Je lui réponds que ses parents sont couleur vanille donc elle est pareille, mais je la sens triste. Je lui demande la raison. « C’est plus joli chocolat, moi je voulais être chocolat. »

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  • Maelle

    Merci pour ce bel article Lise. Toutes ces discussions sur les réseaux ces derniers temps m’ont également amené à me poser beaucoup de questions. Malgré le fait que je sois blanche, récemment j’ai été confronté à cette exclusion lors d’un atelier tricot vers chez moi. Nosu discutions et faisions connaissance, je parle de mes enfants et de mon fils qui est autiste. À ce moment là j’ai senti toute les personnes présentes se fermer et elles ne m’ont presque plus adresser la parole, du coup j’ai fini par partir. Et je ne parle même pas des remarques désobligeantes qui sont faite à mon fils lorsque nous sortons.Dans notre société, pour être accepté Il faut correspondre à un certain « standard » t malheureusement la moindre différence amène à l’exclusion. Il est temps que les choses changent.

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    • lisetailor

      Merci beaucoup Maëlle pour ton message. J’ai oublié de mentionner le handicap comme cause d’exclusion et de discrimination à la fin de l’article. Je vais le faire, j’aurais dû y penser. Je suis terriblement désolée que tu aies subi un moment aussi dur. Au contraire, ces personnes auraient du t’accueillir encore plus à bras ouverts car ce moment de détente était surement encore plus nécessaire pour toi afin de t’évader un peu. Il est en effet temps que ça change, chacun a quelque chose à amener à notre société, d’une façon ou d’une autre.

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  • Ferrand

    Coucou Lise,
    Merci pour cet article salvateur, je salue ton courage. Tes nièces sont magnifiques. C’est la diversité qui crée la richesse.
    Le respect de l’autre et la tolérance, on en parle très souvent à la maison. J’espère que ce sont des valeurs que j’aurais transmis à mes garçons. Sans parler du sexisme…
    Je t’embrasse

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  • Pauline

    Merci pour ce beau message. Malheureusement, comme tu l’évoques, le racisme est bien plus insidieux et ne se cantonne pas à quelques malades extrémistes qui revendiquent leurs idées nauséabondes.
    J’ai eu la chance d’aller dans un collège ou les 300 élèves étaient issus de 26 nationalités différentes. Ces 4 années ont été pour moi d’une grande richesse: nous étions encouragés à partager nos cultures, en fin d’années les élèves qui le souhaitaient pouvaient organisé un défilé de costumes traditionnels, nous amenions tous des spécialités culinaires de nos pays/ régions respectifs… c’était vraiment de beaux échanges, très riches et chacun était fier de l’endroit d’où il venait tout en étant conscient d’appartenir à ce même univers qui était celui de notre collège. Lors d’une discussion il y’à quelques mois avec une collègue, celle-ci m’a indiqué ne pas savoir quelle école choisir pour son fil car « tu comprends, à côté de chez nous c’est très mixte. Alors la mixité sociale c’est bien mais il y’a des débordements aussi »… quand elle m’a demandé ce que ça m’avait apporté à moi d’être dans un collège où il y’avait une telle diversité je n’ai pas pu m’en empêcher et je me suis entendu répondre « de l’ouverture d’esprit ». Par ce que c’est ça qui manque je crois: être conscient que nous sommes tous du même Monde et que grâce à nos cultures différentes on a tellement à s’apporter les uns les autres.
    Autre anecdote: j’ai réalisé mon mémoire de fin d’étude sur le sujet de la cosmétique pour les femmes non caucasienne (le fait que justement peut de marques leur correspondaient et qu’il fallait évoluer dans la pub etc…). Ma maître de stage m’a demandé de modifier le terme « femme noire » que j’utilisais car cela lui posait problème et pouvait être mal vu, considéré comme raciste. J’ai discuté de ça avec une collègue sénégalaise qui effectuait son stage avec moi. Elle ce qu’il l’a choqué c’est qu’on remette ça en question. Elle m’a dit que oui, elle était noire, et que non « femme noire » n’était pas un terme raciste puisque c’est ce qu’elle était… je me suis dit que peut-être à trop vouloir « bien faire » et qu’à avoir peur des vieux démons racistes, on finissait également par renier ce qu’ils étaient. Si ma collègue n’avait pas de soucis à dire qu’elle était une femme noire, pourquoi est-ce que nous n’aurions pas du l’écrire? Et du coup en ce qui nous concerne, est-ce que nous ne sommes pas des femmes blanches?
    Par contre je me remet en question sur une chose lorsque tu évoques les clichés. Je me suis souvent surprise à penser, en voyant un danseur noir par exemple : « qu’est-ce qu’il danse bien. Ils ont vraiment le rythme dans la peau ». Pour moi c’est un compliment. Lorsqu’on parle de racisme il est souvent sous entendu qu’on place l’autre comme inférieur à nous. Du coup je n’ai jamais vu ce type de réflexion comme étant raciste… mais peut-être que je me trompe…
    Désolée pour ce pavé et merci pour ta mise au point… je suis plutôt de la team « couture » et non tricot mais j’avoue que je n’avais pas conscience de ce phénomène au sein de nos communautés créatives…

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    • lisetailor

      Merci beaucoup Pauline pour ton très beau témoignage. Mon fils ainé va dans une école publique avec une grande mixité sociale. C’est une richesse pour lui, les enfants ne voient pas de différence entre eux.
      Je suis tellement d’accord sur l’utilisation des mots blanc et noir sans aucune honte, ils n’ont rien de discriminants. Et pourtant, j’ai eu des remarques comme quoi je n’aurais pas du les utiliser. La peur des mots est très dangereuse.
      Concernant les clichés, tu as tout à fait raison. Tu n’es pas la seule à me l’avoir fait remarqué. Mon choix de mots étaient mauvais. Ce ne sont pas les compliments que je visais mais le relai de stéréotypes inopportuns. Merci de me l’avoir fait remarquer.

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  • Julia Taylor

    Chère Lise,
    J’ai suivi de très près les discussions qui ont été échangées dans notre communauté, notamment anglophone, ces dernières semaines. En tant que « simple » tricoteuse, je ne me suis pas exprimée publiquement, mais j’ai systématiquement envoyé des messages de soutien à toutes celles qui prenaient la parole. La vidéo de Tuskenknits, que je suivais et dont je regardais les podcasts, m’a si profondément choquée! Évidemment, pour une française tolérante et de gauche, il est difficile de comprendre le point de vue des américains pro-Trump. Mais tu as tout à fait raison, ne pas être raciste ne suffit plus, il faut absolument être anti-raciste dans tout ce qu’on fait! D’un point de vue tout à fait personnel et égoïste, j’apprécie aussi tes paroles sur la grossophobie. J’ai découvert ce terme il y a quelques années, et tout d’un coup, cela a mis un mot sur des années et des années de commentaires dégradants et de regards méprisants, sur un profond malaise aussi… Ce qui est visible, que ce soit la couleur de la peau, le poids, ou autre, est attaquable. Et malheureusement, ces attaques arrivent beaucoup plus souvent qu’on ne le pense. Même si les gens ne pensent pas forcément à mal, avoir de bonnes intentions ne suffit pas! Il faut lutter activement contre tous les préjugés enfouis très profondément en nous, surtout ceux dont on n’a pas conscience.
    Très grosses bises, Julia

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    • lisetailor

      Merci Julia d’être passée par ici et d’avoir partagé ton ressenti. La vidéo de Tuskenknits a été l’élément déclencheur à mon article. Ses propos sont toxiques et dangereux. Il faut être vigilant et les combattre dès qu’ils apparaissent. C’est une expression un peu désuète mais ton commentaire m’y fait pensé : « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». Personnellement, je n’y crois pas. Je pense que les personnes qui font des blagues, regardent en coin, font un petit commentaire innocent savent parfaitement ce qu’elles font et le font sciemment ! Je t’embrasse et espère te voir bientôt !

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  • Marion

    C’est très beau ce que tu écris, j’en ai les larmes aux yeux. Merci beaucoup pour cette mise à plat de ce qui devrait être élémentaire dans la tête de chacun ; le monde se porterait tellement mieux ainsi. Battons-nous contre ce fléau qu’est le racisme et l’exclusion en règle générale. Bravo pour cette prise de parole !

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    • lisetailor

      Merci beaucoup Marion pour ton message, je suis ravie que mon article t’ait autant plu. ça na pas toujours été le cas donc c’est agréable que mes mots, peut-être maladroit par moment je veux bien le croire, t’aient parlée. Combattons ce fléau, tu as raison !

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  • Oumou

    Bonjour Lise,
    Un très bel article. C’est la 1ère fois que je commente sur ton blog et je dois dire que c’est agréable de lire ce genre d’article. Je me faisais la réflexion à moi même dernière que la couturosphère française n’était pas assez représentée dans sa diversité… un exemple tout bête la plupart des patrons de couture portent des prénoms féminins et aucun ne fait mention d’un prénom autre que ceux présents dans le calendrier chrétien (exception fait pour Couturette) ce n’est rien mais c’est un exemple sur le manque d’inclusion de la diversité.
    En tous cas merci pour cet article et tu as une très belle famille !

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  • Mazick

    Merci pour cet article, Lise.
    Je me reconnais tout à fait dans cette diversité.
    Mon père est eurasien ( mère vietnamienne et père européen) ma soeur a 2 enfants métis d’origine Martiniquaise et dans ma famille il y a aussi des métis franco/japonais et franco/africain. J’ai toujours vécu dans ces différences culturelles, et je suis fière de mes origines, je n’ai jamais caché a personne d’où je venais malgré certaines réflexions surtout a l’école.
    Tes nièces sont très belles et petite j’essayais de me faire des tresses comme elles pour avoir un semblant de frisettes sur mes cheveux raides comme ceux des asiatiques….

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  • POMMIER Elodie

    Bonjour,

    merci beaucoup pour cet article que j’ai lu avec beaucoup d’émotions. D’origine antillaise, j’ai eu la chance de grandir dans un environnement plein de mixité tant sociale que culturelle mais à mon arrivée à la fac j’ai pris conscience de ma différence et au fait que je n’était pas considérée de la même façon que bien d’autres…
    Alors merci d’avoir pris ces exemples très parlants, ils illustrent parfaitement les remarques et/ou comportements insidieux que l’on peut subir. Les anecdotes sur les poupées et les cheveux m’ont particulièrement touchées. Elles semblent anodines mais on parle là de l’acceptation de soi, de son apparence, de sa personne. Aujourd’hui, je porte mon cheveux afro mais je les ai défrisés de longues années afin d’avoir les cheveux souples et malléables comme « tout le monde », pour ma fondre dans « la masse », pour ne pas me sentir différente, me sentir plus jolie. (Et encore aujourd’hui, je me surprends à utiliser des termes dévalorisants pour parler de mes cheveux). Ces produits que l’on soupçonne dangereux pour la santé ont été utilisés par nos mères, no grand-mères et parfois également par des hommes afin de se sentir moins différent.

    En ce qui concerne le tricot, je me suis toujours autorisée à tricoter (enfin depuis peu dans les transports et grâce à des amis en tricot-thé) néanmoins on m’a souvent fait comprendre que c’était « marrant » une noire qui tricote, aux Antilles il fait chaud, ta mamie ne tricotait pas, … Je trouve effectivement dommage qu’il n’y ai pas plus de représentation de la diversité pour présenter les modèles mais les choses sont amenées à changer, non?!

    Merci beaucoup pour cet article et cette phrase : « chez nous, tout le monde est le bienvenu, seuls les racistes ne le sont pas. » Je la garde pour chez moi si un jour j’ai des enfants.

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    • lisetailor

      Merci mille fois Elodie d’avoir partagé ton histoire ici. Ma belle-soeur a utilisé très longtemps des produits pour se blanchir la peau. C’est quand même très parlant quant à l’image qu’on a de soi. Je pense aussi que les choses vont changer. Les marques américaines de patron de tricot ont immédiatement pris acte du problème et on voit déjà le changement s’opérer. J’espère que ce sera pareil ici. Et qu’on arrêtera de trouver ça « marrant » une noire qui tricote… C’est quand même incroyable ! Merci encore pour ton message.

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  • fanny

    Hello Lise !! très bel article ! Je te rejoints quand tu dis que nous sommes privilégiés, nous les blancs par rapport aux autres couleurs de peaux. Moi je suis blanche et l’on se moquait de mon gros nez quand j’étais petite. On m’appelait pifette. Ma est fille est blanche et elle a le nez de son papy :). Je lui ai dit que si un jour on se moque d’elle pour son nez, qu’elle devait être fière de son côté antillais. Elle n’a pas la couleur noire des ses aieux paternels, mais elle garde des caractères physiques que qui font d’elle qu’elle est ce qu’elle est la fille d’un métisse blanc antillais et d’une angevine -bretonne pur beurre avec du Maroc et de l’Espagne !! C’est tellement dommage que de nos jours toutes les différences soient encore stygmatisées. Mes nièces sont aussi métisses d’une maman métisse et d’un papa Gambien et sur elles on verra leur couleur de peau avant celle de ma fille alors qu’elles ont le même grand-père… et le même nez !!
    Merci encore et je vais m’intéresser aux articles anglo-saxons.

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    • lisetailor

      Merci Fanny pour cette jolie histoire. La bêtise humaine peut être sans limite parfois et s’attaquer à quasiment toutes les caractéristiques physiques. Ta fille est issue d’un bien joli métissage, quelle richesse ! C’est beau de retrouver le même nez chez les cousines, je trouve que c’est vraiment un bel héritage. Bises et merci encore d’avoir partagé ton histoire avec moi.

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  • Clarisse

    Lise, tu as écris un très bel article rempli de sincerite et d’amour pour l’humanité. Je suis antillaise mais claire de peau et aux antilles nous sommes de couleurs multiples. Le métissage est parfois compréhensible pour les autres alors qu’il est partout. Et il y malheureusement à cause de la société du racisme entre gens de couleur. Trop foncé pas assez clair, pas assez foncé , c’est ridicule.
    Les français »blanc » sont des métisses qui s’ignorent tout comme le Canada et les USA. Si on connaissait mieux notre histoire… Ton article ma juste touché au coeur car mes enfants et moi vivons toutes ses petites remarques au quotidien. Nous sommes là minorité visible de notre village . Pourquoi mes 3 enfants n’ont pas la même texture de cheveux, couleur de peau. Pourquoi mon dernier ressemble à un blanc? Sous entendus mon mari n’est certainement pas le père… mon message est un peu décousue. Je ne souhaite pas que tu le publieS. Je veux juste te dire merci d’être une lumière d’amour et de tolérance dans ce monde. Affectueusement. Clarisse

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    • lisetailor

      Merci Clarisse, je suis tellement d’accord avec toi !! Personnellement, je suis franco-espagnole. Quant aux remarques que vous subissez, j’en suis horrifiée, la bêtise humaine est sans limite. Merci encore d’avoir partagé cela avec moi. Je suis très touchée que mon article t’ait plu.

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  • Anne C

    À mon tour d’écrire qq mots en ayant peur d’être jugée. Cet article, même si je le comprends, me rend profondément triste. Je rêverais d’une société où ne pas être raciste (ou autre) serait respecter la différence. Et donc être libre d’en parler sans se sentir coupable de mettre le doigt sur la différence en question. Je ne fais pas plus d’efforts avec qqn d’une autre couleur de peau que moi simplement parce qu’elle a une autre couleur de peu. Cela est pour moi du racisme. Je fais des efforts avec chacun car il est un être humain comme moi. Bien évidemment soyons honnête parfois ça coûte vraiment de faire des efforts vis à vis de cette personne avec telle particularité qui nous insupporte ( soyons honnêtes plus souvent un trait de caractère etc qu’une histoire de couleur de peu). Je vois une grande diversité dans les publicités en France. C’est même réglementé. Une grande diversité dans la rue aussi. Oui, les enfants sont parfois méchants, mais ils ont aussi le droit d’être intrigués par la diffèrence sans être stigmatisés. Laissons les grandir et apprendre à aimer. Je me sens plus proche d’une femme métisse que de ces femmes esclaves de à mode qui me font franchement pour le coup beaucoup de chagrin. Oui, la différence peut être une souffrance, mais il me semble que la différence n’est pas toujours apparente. Et que cela on l’oublie un peu trop souvent dans un monde où tout ce qui compte est l’apparence. On réduit le manque de charité envers notre prochain à « racisme » « xenophobe » ou « homophone ». Finalement, peut être que le racisme est de traiter différemment qqn à cause de sa différence… femme noire aux cheveux crépus tu es la bienvenue et je n’aurais aucun problème à te poser des questions sur tes cheveux, justement parce que cela participe à ton unicité, à ce que tu es et que nier ce que tu es c’est du racisme. Femme homophobe, tu es la bienvenue chez moi même si je ne suis pas d’accord, mais parce que je respecte que tu penses différemment et aussi parce que je crois que si je t’exclue pour ta différence c’est moi la « raciste ». Comment te montrer qu’il est possible de penser autrement et que cela est bon si je t’exclue et réduit ta personne à une facette de ce que tu es? J’espère que mes propos seront compris: je ne nie pas que le racisme existe et le condamne, mais je pense que la vraie question est le manque d’amour de l’autre tel qu’il est quelque soit sa différence.

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    • lisetailor

      Merci Anne pour ton message. Je suis d’accord avec toi sur le fait de ne pas faire plus d’effort avec une personne en fonction de sa couleur de peau, veillons juste à ce que tout le monde soit accepté. En revanche, je ne peux pas accepter une personne homophobe ou raciste car il ne s’agit pas là d’une opinion mais d’une discrimination. Je suis ouverte aux différences d’opinions mais pas de valeurs clés. Et celles-ci le sont pour moi.

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  • Mam'gal

    Merci pour ce message de paix <3
    Je vis dans la campagne bretonne et il y a très peu de couleurs par ici… Mes nièces sont franco britannique et franco colombiennes. Je n'ai jamais vraiment eu de pb (enfin si et c'était un blanc !!). Et pourtant inconsciemment, je m'aperçois que j'ai parfois un mouvement de recul intérieurement ou d'hésitation quand je suis face à des personnes de couleurs. ..pourquoi? Alors que je prône l'amour et la bienveillance pour tous ?? C'est ancré…mais conscienciemment, si je dois parler à qqn je le fais, quelque soit sa couleur;-)
    Et oui en parlant de privilège, quand je suis allée au Sénégal il y une dizaine d'années (pas en club, dans la vraie vie), je me sentais mal à l'aise vraiment, à cause de ces soit disant privilèges. Et le pire c'est qu'ils étaient sûrement plus heureux que moi qui avaient tout pour moi..

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  • Eléonore

    Merci Lise de nous livrer ton expérience personnelle dans cet article très bien écrit et très touchant.
    J’ai grandi dans un pays où je faisais partie d’une minorité de blancs (j’ai donc vécu la différence), et pourtant j’étais inconsciente de mon privilège jusqu’à ce que je vive avec mon mari métisse. Bien sûr les agressions racistes ponctuelles sont dures à vivre, mais le racisme sociétal, ordinaire, systémique est incroyablement usant d’autant plus qu’il est souvent nié.
    En 2019, c’est incroyablement douloureux pour moi de voir mon mari espérer pour notre fille une meilleure enfance que la sienne parce qu’elle « passe » (pour blanche). D’un autre côté, en tant que blanche privilégiée je ne me sens jamais légitime et j’essaie de faire plus par les actes que par les mots.
    Je suis d’accord, la représentation est importante et c’est en donnant de la visibilité à tou.te.s que l’on peut agir sur l’inconscient collectif. On essaie au maximum de promouvoir la diversité de nos modèles chez Deer&Doe avec nos petits moyens (y compris pour les personnes d’origine maghrebine, sous-représentées dans la mode et la publicité), et ces discussions agissent comme des piqures de rappel pour garder le bon cap 🙂

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    • lisetailor

      Merci beaucoup pour ton message et ton témoignage Eléonore, cela me touche beaucoup. J’essaie aussi d’agir concrètement au quotidien si je me trouve confrontée à des situations discriminatoires. Ce n’est pas toujours facile d’oser, surtout dans le cercle familial pour ma part. J’ai aussi beaucoup de mal à me sentir légitime pour parler de ces sujets et j’ai été beaucoup traitée d’opportunistes ces derniers jours.
      Merci aussi pour Deer&Doe et la promotion de la diversité, je l’avais bien remarqué. Merci encore d’être passé par ici.

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  • Eleonore

    Chère Lise,

    Ma voix va à contre-courant de ce que je peux lire mais il était important que je fasse valoir mon point de vue de « femme de couleur ».

    La diversité dans l’univers du tricot existe déjà. Votre prise de conscience est salutaire mais la décence aurait voulu que vous la gardiez pour vous et que vous œuvriez dans ce sens, à votre niveau, discrètement, comme bon nombre de vos consœurs, plutôt que de verser dans ce « splaining » particulièrement problématique pour des personnes telles que moi, directement concernées. Gardez votre culpabilité par devers vous, plutôt que de l’exhiber à des fins d’autocongratulation.

    J’aurais plutôt tendance à dire qu’à défaut de faire avancer les choses, votre attitude d’oie blanche (« privilégiée »), découvrant, très opportunément, l’existence de ces problématiques, et faisant grand bruit des conséquences que vous en tirez, dessert une cause dramatiquement légitime.

    Une cause à laquelle vous pourriez contribuer en donnant du temps à une association, par exemple. Cela vous permettrait de déculpabiliser de façon plus effective qu’en postant ce genre de billets lénifiants, qui sont justement la raison pour laquelle les choses tournent en rond. Cependant, cela demande un réel effort , un engagement fort et sincère, dénué d’égo. A une époque où les effets d’annonce priment sur l’action, je crains que votre billet ne soit qu’une énième manifestation des prises de conscience « à la mode », sans concrétisation réelle. Prouvez-moi le contraire et je continuerai à vous suivre avec plaisir.

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    • lisetailor

      Bonjour Eléonore, je tiens à m’excuser que mon article vous ait mis en colère car c’est cela que je ressens dans votre message. Ce n’était pas mon intention, ni comme vous le croyez de me mettre en valeur ou d’être opportuniste sur ce sujet. C’est au contraire plus simple pour quelqu’un comme moi de ne pas en parler. Je n’ai jamais dit que je découvrais ces problématiques mais que la discussion anglaise sur le problème de représentation de la diversité m’avait encore plus ouvert les yeux. J’ai certainement été maladroite dans mes propos mais je sais aussi que certaines personnes (notamment en lisant les commentaires ici) les ont appréciées. J’ai essayé de partager sur ce sujet très délicat et qui me touche, bien qu’il ne me fasse pas culpabiliser. Je ne peux que vous dire que j’ai essayé d’être honnête et de faire réfléchir les personnes qui ont des comportements ambigus. Chacun aura une lecture différente de mon témoignage et il ne peut pas plaire à tout le monde. Je suis désolée qu’il ne vous ait pas plu mais je sais aussi que votre ressenti quant à mes intentions n’est pas le bon.

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  • Laurence

    Un magnifique témoignage, tellement vrai , où tout est très bien dit!
    J’inculque également ces valeurs à mes fils, et je me rends compte, au fil de leurs retours sur leurs journées scolaires, qu’effectivement, les choses n’évoluent que peu de puis mon enfance. Ta prise de parole est courageuse, et pleine d’espoir, car c’est en disant haut et fort ce que l’on ressent et ce que l’on vit que l’on pourra espérer faire changer les choses un jour. La bienveillance attire la bienveillance. La diversité est source de richesse.
    Belle journée à toi, et merci pour ce message!

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  • Alexandra

    Je ne vois pas qui pourrait critiquer ton article qui fait totalement sens aujourd’hui !!!
    J’ai pris les transports en commun de 1992 à 2018 ou presque ! Je n’ai jamais été contrôlée ! Et je me suis toujours fait cette réflexion que ma couleur de peau faisait la difference … aujourd’hui je vis à l’etranger, je suis étrangère et je suis donc différente des gens qui m’entourent … j’ai de la chance de n’avoir croisé que des gens bienveillants, généreux et helpful ! Alors oui à la diversité … partout !!! Tout le temps !!! Un peu plus de bienveillance ne ferait pas de mal !!!! Merci Lise pour tes mots

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    • lisetailor

      Merci Alexandra pour ton message qui me fait du bien. Je n’ai eu quasiment que des messages positifs et des témoignages très émouvants comme le tien. Hélas, quelques autres très agressifs viennent un peu ternir le tableau. D’un côté les racistes qui m’attaques et de l’autres certains qui me considèrent opportuniste. C’est difficile de plaire à tout le monde de toute façon. Bises et merci encore !

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  • Anne Pignol

    Bonsoir Lise… ton post m’a beaucoup touchée et avec tout ce qui s’est passé ces dernières semaines sur les réseaux sociaux ça m’a de nouveau empêché de dormir (mais dans le sens positif, j’ai réfléchi, réfléchi et encore réfléchi)… j’ai beaucoup suivi ce qui s’est passé sur les comptes instagram des tricoteuses et designeuses anglophone… Je me suis sentie très mal à l’aise…j’ai lu ls articles proposés, je me suis renseignée de mon côté et je suis parvenur à une analyse des choses plus nuancées que ce que j’ai pu lire de façon assez univoque dans les réactions anglophones… Je suis métisse : ma mère est typée indienne, mon père est blanc… j’ai vécu un bon lot de remarques racistes ayant grandi au fin fond de la normandie… sans doute peut être moins que mon frère aîné, bien plus typé que moi( la copie conforme de vikash dorazo)… j’ai longtemps trouvé mon nez trop long et mon visage trop rond…. quoi qu’il en soit lorsque je me suis renseignée sur cette notion de « white privilege » et d »internalized racism » je me suis sentie bien mal à l’aise… je coche les cases des problèmes pour trouver un pansement, un fond de tient, un anti-cerne à ma couleur, j’ai été plus longuement contrôlée quand je suis allée en Angleterre avec une amie de mes parents qui était blanche, on me demande fréquemment d’où je viens et on insiste quand je dis que je suis normande… mais le « white privilege » ne me parle pas : tout simplement parce que je ne me sois pas dire à mon père dans les yeux qu’il est issu du « white privilege ». Mon père est né dans une famille très modeste et n’a pas pu faire les études qu’il souhaitait. il en parle régulièrement et aurait aimé aller à l’université, mais il a quitté l’école à 14 ans pour apprendre un métier qu »il n’avait pas toujours choisi… Ma mère quant à elle est issue d’une famille de classe moyenne : elle est arrivée en métropole à deux ans pour suivre son père directeur d’hôpital… Arriver dans le sud de la france puis en Normandie dans les années 1950 avec une floppée de frères et soeurs en étant noire : elle n’a jamais connu de problème de racisme. C’était la fille du directeur de l’hôpital et ils étaient hautement respectés pour ça. Selon moi, selon toutes les lectures que j’ai faites, ce concept de « white privilege » est trop radical car il ne prend en compte que le critère de la couleur et pas du tout celui de classe sociale…Alors oui, j’ai du mal à trouver un fond de teint à ma couleur mais j’ai le privilège d’avoir eu une éducation telle que je la souhaitais, j’ai le privilège d’avoir les moyens d’acheter une maison, et pleins d’autres encore non pas parce que mon père est blanc, mais parce que nous avons la plupart du temps vécu dans des conditions soci-économiques privilégiées… Peut être que je le voile la face, peut être que je suis aveuglée par ma propre expérience et celle de mes proches… mais ce que je vis, ce que je vois des personnes métisses ou noires dans mes classes ou dans mon entourage est malgré tout très optimiste… Et c’est sur ce point que je vais conclure ce mail : je te sens très concernée par tes nièces… ne t’inquiète pas pour elle : elles essuieront de remarques déplaisantes mais je suis sûre que leurs amies « will stand up for them » (j’arrive pas à le dire autrement) comme les mienns l’ont fait parfois et qu’elles prendront conscience de leur beauté grâce à la visiblité qu’on acquis les arhundati roy, les aissa maiga, les camélias Jordana et les christiane Taubira…. j’espère ne pas t’avoir offensée ni blessé car ce n’était pas mon intention… je me suis parfois sentie agressée en lisant les réactions anglophones:lire une designeuse dire que la communauté tricot est raciste ou que nuancer le concept de racisme systémique c’est être raciste m’a vraiment blessée….les généralités aussi étendues, ce n’est pas vraiment mon truc et ne pas pouvoir être entendue là dessus m’a mise en colère….J’ai aimé la nuance de ton post, je respecte totalement tes émotions, ton ressenti…. Anne

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    • lisetailor

      Merci beaucoup Anne pour ton témoignage très éclairant pour moi et qui me fait beaucoup réfléchir. Je partage totalement ton point de vue et je n’y avais pas pensé concernant le « white privilege ». Je te suis sincèrement reconnaissante de m’avoir donnée une perspective différente et plus fine. J’ai moi aussi été choquée par l’extrémisme de la discussion anglaise, c’est aussi pour cela que j’ai pris du temps avant de réagir. Je ne me retrouve pas du tout dans tout ce qui a été dit. J’ai aussi eu des réflexions très violentes ici et sur Instagram suite à cet article donc je sais qu’il est parfois maladroit.
      Vraiment, merci pour ta lecture très juste de la réalité, toute en nuances.

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      • Anne

        Merci beaucoup pour ton retour… Je continue à lire et à m’informer…La question du « white privilege » a été majoritairement traitée aux Etats Unis à partir des années 1930, ce qui me semble prendre tout son sens étant donnée la ségrégation américaine et la période des droits civiques. C’est également ce qui me pousse à penser que ce concept est plus difficilement transférable à la France. Mais c’est un concept qui commence à être repris dans la sociologie française… J’ai regardé cette conférence qui en traite… J’ai rouvé certains ooints éclairants mais je reste nuancée sur la façon d’envisager ce concept unique…
        https://www.franceculture.fr/conferences/bibliotheque-publique-dinformation/blanchite-racisme-medias-comment-sont-representees
        Et cet article m’a beaucoup parlé:
        http://www.thefeministbreeder.com/
        Encore merci et bravo pour avoir eu le courage d’en parler… J’ai failli en parler dans un post ou une story et face à certaines réactions super agressives, je me suis dit que je prendrais moins de risque à échanger individuellement… Anne

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  • Karine

    Merci et bravo pour cet article Lise. C’est courageux de ta part… et j’avoue que je découvre cette polémique. Je dois être sûr mon nuage en bon bisounours.
    Malheureusement, le raciste est partout, tout le temps. Parfois même là où l’on ne sy’y attend pas.
    Tout comme toi, j’ai « l’avantage » d’être blanche et pourtant… Je suis rousse et depuis toute petite j’ai subi des réflexions, l’exclusion et j’en passe. Comme quoi c’est loin d’être une simple question de couleur. Aujourd’hui je le vis bien et les mentalités ont évolué sur cette question mais il reste tellement à faire.
    Là où je voulais réagir c’est que l’on peut trouver une personne métis, noire ou asiatique magnifique et le lui dire sans pour autant penser à mal et avoir des idées racistes.

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    • lisetailor

      Merci beaucoup Karine pour ton message et ton témoignage. Concernant la discrimination, en effet, la bêtise humaine étant sans limite, elle s’attaque à tout. Je pense avoir mal choisi mes mots et m’être probablement mal exprimé sur l’expression de racisme dans les commentaires faits sur le physique de personne de couleur. Je ne voulais pas parler des compliments mais plutôt des stéréotypes qui sont véhiculés.

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  • Lorence

    Bonjour Lise
    je vais essayer comme toi sans maladresse d’exprimer ce que je ressens, je suis blanche mais d’une famille athée et je dois souvent justifier mes choix religieux, lors d’un mariage auquel j’assistais ( je vais aux ceremonies religieuses sans probleme et par respect envers ceux qui l’ont choisie) on m’a même dit que pour que les enfants soient bien élévés il ne pouvait l’être qu’a travers une religion, non ce n’est pas du racisme juste de l’ignorance. Je pose quelquefois la question de l’origine ( jamais à une premiere rencontre bien sur) mais cela n’a jamais été mal pris, je m’enrichis de leurs differences comme eux des miennes, je ne suis pas de blog en anglais ne parlant pas la langue mais je ne comprend pas ce que le racisme vient faire la. Il m’est arrivé une fois de dégager quelqu’un de mon compte instagram car les propos tenus fleurtaient franchement avec l’extreme droite. On doit etre vigilant à toutes formes d’exclusion, la couleur de peau, l’age, la taille, la religion, le niveau social, le handicap, l’orientation sexuelle… Il y a du racisme mais aussi de la malveillance et de la jalousie dans tout cela mais surtout enormement de betises, d’ignorance , moi mon seul racisme c’est de ne pas aimer les cons.
    Merci de ton article Lise

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    • lisetailor

      Merci pour ton message Lorence, je me retrouve beaucoup dans ton message car j’ai eu la même expérience, enfant, d’être la seule athée de la classe. J’aime beaucoup ta conclusion que je partage tellement ! Bises et merci encore.

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  • Pauline

    Bonjour Lise, j’ai laissé un commentaire hier sous cet article et je ne le vois pas apparaître (je venais découvrir les nouveaux messages laissés par tes lecteurs). Je ne pense pas qu’il y’avait quoi que ce soit de négatif dans ce que j’avais écrit mais si c’est le cas j’en suis désolée… Bonne journée

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    • lisetailor

      Bonjour Pauline, je viens de valider les derniers messages en attente d’approbation. Je n’en ai modérés aucun car, même si certains sont très durs, il n’y a jamais eu de manque de respect donc pas de raison de ne pas les partager. J’ai eu une journée vraiment difficile hier, beaucoup de lumière avec tant de beaux témoignages mais aussi beaucoup de noirceur avec certains retours soient de racisme ordinaire soit m’accusant d’opportunisme. Donc j’ai tout éteint vers 19h et c’est pourquoi ton message n’avait pas été validé. Je vais maintenant commencer à répondre mais j’en ai 80 donc ça va me prendre un peu de temps. Merci en tout cas pour tes messages. Belle journée à toi aussi 🙂

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  • Magalie

    Bonjour Lise.
    Je me reconnais dans toutes les anecdotes que tu as cité étant Antillaise. Cependant, j’ai appris a être très positive dans la vie après avoir observé qu’en se mettant en position de victime, on reste victime. De ce fait je ne pense quasi jamais à ma couleur de peau sauf quand je suis confrontée aux anecdotes que tu as cité. Je complète tes anecdotes avec une des miennes: à l’époque où je travaillais à paris (la ville la plus hétéroclite de France) dans un grand hôpital parisien, à chaque fois qu’un médecin extérieur au service venait, j’étais systématiquement prise pour l’aide soignante. Au lieu de demander qui est l’infirmière, il posait directement les questions sur le patient à l’aide soignante blanche, jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’elle ne pouvait pas répondre à tout! A mes débuts je disais c’est moi l’infirmière jusqu’au jour ou j’en ai eu marre et je faisait la sourde oreille jusqu’à ce que je sois interpellée pour mon titre. En règle général, les noirs diront qu’ils sont toujours obligés d’en faire plus pour être crédibles et reconnus.
    Enfin je crois que je pourrais écrire un bouquin aussi gros qu’un dico sur le sujet traitant du travail, des cheveux, de l’alimentation, de la musique, de la façon de s’exprimer, de danser…..
    Je tiens aussi a te dire que je suis gênée d’être appelée « de couleur ». Léopold Sedard Senghord a écrit un magnifique poème sur le sujet!
    Pour en revenir à la diversité dans le monde du diy, j’ai envie de dire si on cherche on trouve! Mais pendant tellement longtemps, les médias, on construits une société d’image et ont collé des étiquettes sur le dos de chaque communautés en prenant bien garde de dorer la leur, la blanche. Mais c’est aussi l’affaire des noirs d’arrêter de se positionner en victime, et de trouver leur légitimité! J’ai beaucoup hésité à créer mon blog et je suis contente de voir qu’aujourd’hui certaines personnes se reconnaissent et peuvent aussi avoir des projections! Je ne suis pas la seule! Nous sommes là! et fier comme dit Zack!
    Merci pour ton article, un petit coup de pied dans la fourmilière de temps en temps, ça remet les idées en place!
    Vive la diversité!

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    • lisetailor

      Merci Magalie pour ton message et ton témoignage émouvant. Je ne peux même pas imaginer ce que tu décris, ne l’ayant jamais vécu. Je suis désolée pour le choix inopportun du terme « de couleur », je ne savais pas quoi écrire pour inclure également les asiatiques ou les arabes notamment. Je suis tout à fait d’accord avec toi que quand on cherche on trouve mais il faut quand même chercher. Je suis allée voir ton blog et tu as vraiment bien fait, tout est très joli. J’adore ton Fenna et ta robe Cami, absolument superbe ! Bises et merci encore.

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  • Mary

    Bonsoir Lise ! Ton propos que je lis à l’instant fait écho au sketch que je visionnais hier soir (https://www.youtube.com/watch?v=1L0pyvPfaFw ). Le métissage est beau et nous enrichit comme tu le dis si bien, et la créativité s’inspire des mélanges et des apports de tous et toutes.
    Voici mon anecdote perso : je suis blanche et mariée à un marocain, sur mon lieu de travail personne n’est au courant, dès mon premier jour à ce boulot j’ai entendu des propos racistes de la part de mes collègues et ma manière à moi de m’en protéger à été de « cacher » cette vérité, un peu comme si leurs propos blessants ne m’étaient pas destinés et ne pouvaient pas atteindre mon mari si ils n’étaient pas invoqués en pensant à lui… Cela me fait du mal de ressentir cette haine que les gens de ma couleur ont envers ceux qui ont une autre couleur/une autre langue/une autre façon de penser.
    Je me suis toujours nourrie d’horizons divers et de réflexions d’ici et d’ailleurs, et, sans la connaître, j’ai fait de la phrase de ton papa mon adage. Les racistes n’ont pas leur place dans ma vie privée, elle est trop chère à mes yeux que pour leur laisser salir ce qu’elle représente pour moi.
    Le racisme existe partout, et pour chaque différence, il peut naître et s’infiltrer. J’ose espérer que l’amour que les gens peuvent éprouver les uns envers les autres et qui leur fait casser les barrières mentales dans lesquelles ils ont grandi permettra au Monde de devenir fier de son métissage. La diversité est importante, et c’est grâce à elle que nous sommes là

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  • mamiedo

    Merci pour ce bel article. Parmi mes 5 petits-enfants, 3 sont métis., mais ils ont la chance de vivre dans un pays de métissage : la Réunion. Cependant, Dans leur famille où les couleurs de peau sont très variées, leur grand’mère paternelle, foncée dans une fratrie plutôt claire, a eu du mal a accepter sa couleur et même encore aujourd’hui (elle a plus de 90 ans) marque une préférence plus marquée vers ses petits-enfants « clairs ». Signe pour elle, surement, que la vie pour les « gens de couleur »( une collègue malienne détestait de terme !) était stigmatisée ! PS : Tes nièces sont magnifiques !

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  • Nathalie Debouverie

    Merci et bravo pour cet article lise, merci de t,être « exposee » comme cela, ça n,est pas évident , mais je trouve que tu l,as fait avec beaucoup d,intelligence et de finesse ❤

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  • Maryse

    Bonjour! À la garderie de ma fille, les enfants de différentes origines se côtoient et une des éducatrices est atteinte de dystrophie musculaire. Pour ma fille, c’est la normalité et je crois qu’il y a de l’espoir pour les générations futures. Félicitations pour ce post!

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  • Claire Zmiro

    ma petite fille de 12 ans est contrôlée tous les matins dans le train. c’est la seule… elle rentre et demande à sa mère mais j’ai une tête de maquilleuse ou quoi ? et la, son père lui dit  » bienvenue dans mon monde’… vous comprenez qu’un contrôleur de la sncf puisse vérifier le ticket d’une fillette métisse tous les jours sans contrôler aucune autre personne du wagon ? quel message notre société donne à nos enfants !

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    • lisetailor

      Bonjour Claire et merci pour votre témoignage. Ce que vous décrivez est une honte, il n’y a pas d’autre mot. Je suis désolée pour votre petite fille. Cela m’attriste mais surtout, cela me met en colère. Comme vous le dites, quel message est envoyé à votre fille mais aussi à ses camarades ? C’est révoltant. Espérons que cela change, et vite !

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  • Maria Serrano

    Merci Lise pour ce joli témoignage sur ton blog d’un sujet qui te tient tant à coeur. Dans nos familles métissées et d’origine diverses, les enfants vivent sans soucis quand ils sont petits. Ils sont beaux et leur différence attire. Ma nièce a trois adorables enfants qui vivent la vie avec bonheur et sans soucis. Leurs parents, leurs grands parents oncles et tantes les regardent vivre dans ce joyeux mélange de la mixité. Pour l’instant tout va bien, mais il faut garder l’oeil ouvert. Ces enfants aborderont l’adolescence dans quelques années. A nous de leur donner les ares pour se défendre sans les surprotéger. Leur intelligence les aidera. Même si je suis sûre qu’ils auront à affronter la bêtise du racisme et de la xénophobie.
    Je termine juste en disant qu’il y a plus de 30 ans, on a cru que tous ces vieux démons s’effaçaient et non, ils reviennent au galop. Merci donc d’en parler ici. Je tricote pour ces enfants : ça tombe bien.
    MARIA

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  • Innuendo

    Je voudrais rebondir sur l’un des premiers commentaires et recommander à mon tour le livre « mille petits riens » de Jodi Picoult qui elle aussi voulait aborder cette question sans trop savoir comment s’y prendre. La narratrice raconte une journée avec son héroïne, qui est noire, et par mille petits riens, elle comprend ce que c’est que d’être elle. Les deux anecdotes que je peux partager, c’est que j’ai travaillé 4 ans Porte de Clignancourt à Paris. Des contrôleurs étaient cachés dans l’escalier tous les jours. En 4 ans, je ne me suis jamais fait contrôler une seule fois. Jamais. Une fois, j’ai fait le test, j’ai sorti mon passe Navigo pour le tendre à un contrôleur, il m’a dit très surpris « pas vous, madame ». J’ai demandé pourquoi, il m’a répondu que j’étais bien habillée.
    La deuxième, c’est un labo d’analyse de ville que j’ai quitté pour la raison suivante: un samedi matin, une queue au labo, tout le monde venait chercher ses résultats en montrant sa carte vitale. Personne n’avait de CI.
    La secrétaire a visé une personne dont la couleur de peau était différente et lui a demandé ses papiers pour confirmer que sa carte vitale était bien la sienne. Le monsieur, honteux de se faire agresser devant plein de gens, est parti chercher ses papiers dans sa voiture. J’ai fait un scandale, je leur ai dit que c’était une véritable honte et rappelé que la discrimination était interdite. Des biologistes sont enfin sortis de leurs bureaux pour dire qu’il y avait souvent des problèmes avec ces gens. Je leur ai dit que je changeais de labo et j’ai écrit au conseil de l’ordre des pharmaciens. J’attends toujours une réponse… C’était en 2002.

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